Toquata

Toquata, l'actualité culinaire commentée par Chef Paul.

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L’actualité culinaire commentée et mise en perspective

Une chronique de la société pour analyser les évolutions de la gastronomie, des métiers, de l'alimentation et de notre rapport à la cuisine.

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Et si la ferme de demain produisait aussi de la viande cultivée ?

Pendant plusieurs années, la viande cultivée a été présentée comme une technologie développée dans des laboratoires ou destinée à être produite dans de grandes usines.
Aux Pays-Bas, une initiative inédite vient bousculer cette vision.

Le 5 juin 2026, l'entreprise RespectFarms a inauguré à Schipluiden la première ferme de viande cultivée au monde, directement intégrée à une exploitation laitière en activité. Mené avec l'éleveur Corné van Leeuwen, ce projet expérimental vise à produire de la viande cultivée au sein même d'une ferme, grâce à des bioréacteurs installés sur l'exploitation.

L'objectif est d'explorer une nouvelle source de revenus et d'imaginer comment ils pourraient participer au développement de cette technologie.
Le site accueillera également un centre de découverte destiné aux agriculteurs, aux chercheurs, aux étudiants, aux décideurs publics et au grand public afin de mieux comprendre les enjeux de cette nouvelle filière.
Le regard du chef :
L'agriculture peut-elle intégrer la viande cultivée ? Depuis ses débuts, la viande cultivée est souvent présentée comme une technologie susceptible d'opposer deux mondes : celui des laboratoires et celui des éleveurs...

Malgré les nouvelle lois l'agriculture peut-elle changer de modèle ?

Alors que l'Union européenne s'est fixé pour objectif de réduire de 50 % l'utilisation des pesticides d'ici 2030, la France vient d'adopter une loi autorisant, sous certaines conditions strictes et pour une durée limitée, des dérogations concernant plusieurs substances destinées à protéger certaines cultures agricoles. Ces décisions visent à préserver la compétitivité de filières confrontées à une forte concurrence européenne, mais elles ravivent également le débat sur l'avenir des produits phytosanitaires.

Dans le même temps, des chercheurs de l'Inrae et du Cirad, cités par Sciences et Avenir, présentent les résultats de plusieurs années d'expérimentations montrant qu'il est possible de produire autant tout en réduisant fortement, voire en supprimant, l'usage des pesticides, à condition de transformer profondément les pratiques agricoles.

Entre contraintes économiques, impératifs environnementaux et avancées scientifiques, une question se dessine : sommes-nous prêts à repenser notre manière de produire notre alimentation ?
Source : Sciences et Avenir 09/07/2026 — Loïc Chauveau
Le regard du chef :
La réautorisation temporaire de certains pesticides rappelle que l'agriculture doit arbitrer entre des objectifs difficiles à concilier : protéger les récoltes, assurer un revenu aux producteurs, rester compétitive face...

Sans les insectes, notre alimentation telle que nous la connaissons disparaîtrait.

Les insectes sont souvent associés aux nuisances du quotidien, pourtant, leur rôle dans le fonctionnement des écosystèmes est essentiel, pollinisent une grande partie des cultures, nourrissent de nombreuses espèces animales et contribuent au recyclage de la matière organique.

Selon les scientifiques, près de 75 % des cultures vivrières (produits destinées a l’alimentation) mondiales dépendent, au moins en partie, de la pollinisation assurée par les insectes.
Leur disparition provoquerait un effondrement des chaînes alimentaires, une raréfaction de nombreux fruits, légumes, huiles végétales et autres productions agricoles, avec des conséquences majeures pour l'humanité.

Au-delà de ce scénario étudié par les chercheurs, cette perspective pose la question de l'avenir de notre alimentation si la nature ne parvenait plus à remplir ce rôle indispensable.
Source : Futura — Redaction de Futura 19/07 26
Le regard du chef :
Cette réalité rappelle une évidence que nous oublions parfois : malgré les progrès de l'agriculture, de la robotique ou de l'intelligence artificielle : Notre alimentation dépend encore d'un équilibre naturel...

Accords mets-cocktails : une nouvelle expérience gastronomique ?

Longtemps, autour d’un cocktail l’expérience culinaire se limitait souvent à quelques amuse-bouches ou tapas.
Aujourd'hui, cette approche évolue. De plus en plus d'établissements développent une véritable offre de petites créations culinaires, chaudes ou froides, spécialement conçues pour accompagner leurs cocktails.
Cette nouvelle tendance repose sur une collaboration de plus en plus étroite entre chefs et bartenders, qui imaginent ensemble des accords destinés à enrichir l'expérience gustative des clients.
À travers cette évolution, c'est une nouvelle façon d'aborder la gastronomie qui semble émerger, où le cocktail n'accompagne plus simplement un moment de convivialité, mais devient le point de départ d'une création culinaire.
Au-delà de cette évolution des bars à cocktails, cette nouvelle collaboration entre chefs et bartenders soulève une question plus large : sommes-nous en train d'assister à l'émergence d'une nouvelle forme de créativité gastronomique ?
Source : Le Monde 14 juillet 2026 — Stéphane Davet
Le regard du chef :
Longtemps, les cocktails ont été considérés comme les stars de l'apéritif ou des soirées, mais les éventuels accompagnements servis autour étaient sans attrait particulier. Aujourd'hui, certains établissements...

Notre patrimoine gastronomique est-ce une richesse encore sous-exploitée ?

Après plusieurs années de réflexion, de recherche de partenaires et de travaux, la Tour des Légendes a ouvert ses portes à Ath, en Wallonie.
Plus qu'un simple restaurant, ce nouvel espace réunit une offre gastronomique, un point d'accueil touristique, une boutique consacrée aux producteurs locaux et l'entrée du Musée des Géants.
Son objectif est de valoriser le patrimoine culturel, brassicole et gastronomique de la région tout en proposant aux visiteurs une expérience mêlant histoire, terroir et tourisme.
Ce projet est le fruit d'un partenariat entre la Brasserie des Légendes, la Ville d'Ath et son Office du Tourisme.
Ce projet illustre la volonté commune d'acteurs publics et privés de mettre en valeur l'identité locale à travers la gastronomie, le folklore et les savoir-faire régionaux.

Au-delà de cette réalisation, ce projet soulève une question plus large : la gastronomie peut-elle devenir un véritable moteur pour préserver et faire vivre/revivre l'identité d'un territoire ?
Source : notele.be — A.D 09/07/2026
Le regard du chef :
Un territoire peut choisir de construire son avenir en s'appuyant sur ce qui fait déjà sa richesse. Quinze années auront été nécessaires pour imaginer, financer puis concrétiser ce projet, cette politique de...

L'alimentation moderne corrige-t-elle ses excès plutôt que leurs causes ?

Le 9 juin 2026, la Commission européenne a adopté le règlement d'exécution (UE) 2026/1219 autorisant l'utilisation de l'ester d'inuline-propionate (IPE) comme nouvel aliment au sein de l'Union européenne. Après une évaluation scientifique favorable de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), cette autorisation est entrée en vigueur le 30 juin 2026.

Développé par des chercheurs de l'Imperial College de Londres et de l'Université de Glasgow, l'IPE est une fibre modifiée destinée à favoriser la sensation de satiété. Incorporé dans certaines barres céréalières ou boissons, il permet d'augmenter la production de propionate dans le côlon, un composé naturellement produit par notre microbiote et associé au mécanisme de satiété.

L'objectif est d'aider les consommateurs à réduire spontanément leur apport calorique. Son utilisation est strictement encadrée par la réglementation européenne et son innocuité a été validée par les autorités sanitaires dans les conditions prévues d'utilisation.
Source : Recherches toquata.fr - 07/18/2026 & EUR-lex — Journal officiel de l'Union européenne
Le regard du chef :
Scientifiques, nutritionnistes et autorités sanitaires travaillent pendant des années avant qu'un nouvel ingrédient (pour notre alimentation) puisse être autorisé et réponde à certains enjeux de santé publique. Une...

Les influenceurs deviennent-ils les nouveaux entrepreneurs de la restauration ?

Le créateur de contenu Amixem poursuit le développement de son activité entrepreneuriale avec l'ouverture à Lyon du premier restaurant physique de sa marque de smash burgers, Starsmash. Jusqu'à présent distribuée uniquement en livraison dans près d'une centaine de villes françaises, l'enseigne dispose désormais d'un établissement permanent.

Selon La Réclame, cette ouverture illustre une évolution plus large du marketing d'influence.

Après les collaborations commerciales, de nombreux créateurs de contenu développent désormais leurs propres marques dans des secteurs aussi variés que la restauration, les boissons, les cosmétiques ou le textile. Leur notoriété devient le point de départ d'une véritable activité économique.

Cette tendance témoigne de la professionnalisation de l'économie des créateurs de contenu, dont l'influence ne sert plus uniquement à promouvoir des marques existantes, mais également à construire leurs propres entreprises.
Source : La Reclame — Elena F 10/07/2026
Le regard du chef :
Ce qui me fait davantage réfléchir, c'est l'évolution de notre façon de choisir. Pendant longtemps, nous découvrions un restaurant parce qu'un proche nous l'avait recommandé, parce qu'un chef s'était construit une...

Protéger notre patrimoine culinaire grâce au tourisme | Toquata

La gastronomie n’a souvent constitué qu’un élément d’un voyage.
Aujourd'hui, elle peut devenir l'une des principales motivations.
Selon plusieurs études internationales, une part croissante de touristes et voyageurs souhaitent désormais découvrir un territoire à travers ses spécialités locales, ses produits, ses traditions culinaires et leurs acteurs.
Un article de Vietnam.vn reportant de Phu Quoc, au Vietnam, explique comment plusieurs chefs ont choisi de faire de cette attente une véritable philosophie.
Plutôt que de proposer une cuisine standardisée destinée aux touristes, ils construisent leurs menus autour des produits emblématiques de l'île : fruits de mer, sauce de poisson, poivre vert ou encore pâtisseries traditionnelles.
Chaque plat n’est plus que seulement un assemblage d’ingrédients il conte l’histoire des villages de pêcheurs, du savoir-faire et du patrimoine local.

Le tourisme expérientiel : vivre une destination plutôt que simplement la visiter

Le tourisme d'expérience est une approche du voyage qui met l'accent sur l'immersion et la connexion locale, pour « vivre » une destination plutôt qu'à simplement la voir.
On ne subit pas le voyage, on en est l'acteur, dans des ateliers de cuisine locale, de l'artisanat, ou même de l'aide à des projets de préservation communautaire.
A ce point le repas ne constitue plus seulement un moment de dégustation ; il devient une manière de comprendre un territoire, son histoire et son identité culturelle.
Source : Vietnam.vn 03/07/26 — Vietnam.vn
Le regard du chef :
Brillante démarche. Elle est simple, elle paraît presque évidente. Et pourtant, elle est probablement l'une des meilleurs méthodes de défendre et mettre en valeur son patrimoine culinaire. Lorsque l'on parle...