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Yuka, Ouest-France, toquata.fr. Dépendons nous de Nutri-score

Deux articles, une analyse de toquata.fr, un même sujet

Nous réunissons ici deux articles et une analyse de toquata qui abordent, sous des angles différents, la question de l'information du consommateur face aux produits alimentaires industriels.

Le premier, publié par Ouest-France le 7 septembre 2026, s'intéresse à une étude consacrée aux stratégies de lobbying visant à limiter l'efficacité du Nutri-Score.
L'article met notamment en lumière les différentes formes de contestation du dispositif et les moyens utilisés pour influencer le débat autour de l'information nutritionnelle.

Le second article, publié le même jour par Yuka, développe plus largement cette question. Ses auteurs décrivent plusieurs tactiques qu'ils attribuent à certains acteurs de l'industrie agroalimentaire : remise en cause de la simplicité du Nutri-Score et de Yuka, multiplication de systèmes d'information alternatifs, recours à des fédérations professionnelles ou à des instances institutionnelles, déplacement du débat vers le terroir, la tradition ou l'emploi, et procédures judiciaires visant Yuka. Les auteurs présentent ces pratiques comme différentes composantes d'une stratégie destinée à affaiblir ou retarder l'information des consommateurs.

Cette question rejoint directement une précédente analyse publiée sur Toquata : malgré la quantité d'informations disponibles, comprendre précisément ce que contient un produit et que cela reste difficile pour le consommateur.
L'article insistait notamment sur trois leviers : une information plus lisible, l'éducation alimentaire et la capacité à cuisiner soi-même.
Source : Yuka.io — Julie Chapon Serge Hercberg Mathilde Touvier 07/09/26
Le regard du chef

Le Nutri-Score est une bonne chose parce qu'il apporte au consommateur une information immédiatement visible. Dans un rayon de supermarché, il permet en quelques secondes d'obtenir un premier repère là où la lecture complète d'une étiquette demanderait beaucoup plus de temps et de connaissances.
En simplifiant nos repères pour notre alimentation, nous risquons de devenir dépendants de l'outil qui nous l'explique.
Un A, un B, un C, un D ou un E ne devrait pas devenir une réponse automatique à toutes nos questions alimentaires.
Le Nutri-Score ne devrait qu’être un outil d'aide à la décision ; il ne devrait pas devenir notre capacité à décider.

Pourquoi ne pas apprendre a décider plutôt que d’être toujours être assisté ?

Lorsque nous achetons un produit, l'idéal serait de ne pas avoir besoin d'une application, d'un score ou d'un expert pour chaque décision, il suffirait de retrouver quelques réflexes élémentaires.
Regarder la liste des ingrédients. Comprendre qu'une longue liste de composants n'est pas forcément comparable à une recette composée de quelques produits simples.
Savoir repérer les quantités importantes de sucre, de sel ou de matières grasses. Comprendre la différence entre un aliment que l'on consomme régulièrement et un produit que l'on choisit occasionnellement.

Il est important de retrouver une familiarité avec les produits eux-mêmes, lorsque la plupart d’entre nous ouvrent un emballage sur lequel apparaît une longue liste d'ingrédients dont certains noms nous sont totalement étrangers, ou bien nous nous nous mettons la tête dans le sable ou nous en acceptons la fatalité avec une arrière pensée du style « Bah, je n’en ai pas le choix »...

A quoi faut-il faire face ? Ne pas seulement apprendre à lire un score, mais apprendre à comprendre ce qu’il signifie.
Le Nutri-Score peut être un excellent point de départ, il peut attirer notre attention et nous inciter à regarder davantage le produit, mais pourquoi ne pas aller un peu plus loin ?
Pourquoi ce produit est-il classé ainsi ?
Comprendre sa composition, est-ce un produit que je peux le consommer régulièrement ?
Puis-je réaliser quelque chose de comparable moi-même ?
Cette démarche est intéressante : utiliser les outils qui nous sont proposés tout en continuant à développer notre propre connaissance de l'alimentation.

Et derrière ces recherches de compréhension, il y a bien sûr l'industrie alimentaire.
L'article de Yuka décrit plusieurs stratégies que ses auteurs attribuent à certains acteurs industriels pour contester, affaiblir ou retarder des dispositifs d'information comme le Nutri-Score : la critique du caractère jugé « simpliste » du système, la création de dispositifs alternatifs, le recours à des organisations professionnelles ou encore des procédures judiciaires.

A l’opposée une industrie agro-alimentaire peut parfaitement évoluer, améliorer ses recettes et proposer des produits répondant à de nouvelles attentes.
Mais il faut reconnaître une réalité économique : modifier profondément une recette industrielle peut coûter cher.
Changer les matières premières, modifier les procédés de fabrication, revoir les méthodes de conservation, supprimer ou réduire certains additifs, changer les textures, garantir une durée de conservation différente, adapter les chaînes de production et conserver malgré tout un prix acceptable : ce sont des transformations importantes et coûteuses.

Pour une entreprise qui a construit son modèle économique autour des aliments ultra-transformés, le changement peut être dur a « digérer ».

Si l'on demande à l'industrie de réduire le sucre, le sel, certains additifs ou le degré de transformation de ses produits, on lui demande de revoir son modèle de fabrication, pour cette raison la transparence devient importante.
Le consommateur doit pouvoir savoir ce qu'il achète. Ensuite, il peut décider.

Mais cette information doit être accompagnée d'une autre ambition : donner progressivement au consommateur les connaissances qui lui permettront de moins dépendre de ces outils de classification des denrées alimentaires.
Nous avons trop longtemps considéré l'éducation alimentaire comme une question secondaire, savoir choisir ses produits, comprendre une étiquette, connaître les aliments et savoir cuisiner constituent une forme d'autonomie.

Réapprendre à cuisiner, c'est aussi reprendre une partie de la prise de contrôle.
Cuisiner nous-mêmes, c’est mieux connaître les produits que nous utilisons, décider de la quantité de sel, de sucre ou de matière grasse, choisir une préparation simple plutôt qu'un produit composé de nombreux ingrédients.

Cela ne signifie évidemment pas qu'il faille tout fabriquer soi-même ni supprimer tous les produits industriels. Ce serait irréaliste.
Comme dans tout il faut une juste balance, il existe une différence considérable entre utiliser l'industrie comme une aide et lui abandonner entièrement le choix de ce que nous mangeons.

Le Nutri-Score peut nous aider à mieux choisir. Yuka peut nous apporter une information complémentaire. Les étiquettes peuvent nous renseigner.
Mais l'objectif ultime devrait être que le consommateur puisse progressivement comprendre, comparer et choisir sans avoir besoin d'être assisté à chaque achat.

Il convient de passer de l'assistance à l'autonomie

Un enfant qui apprend graduellement à reconnaître les aliments, à comprendre leur transformation, à goûter, à cuisiner pour s’amuser et à lire une étiquette possédera une partie des outils nécessaires pour devenir un consommateur autonome.
Un adulte qui comprend pourquoi il choisit un produit plutôt qu'un autre n'est plus simplement guidé par une couleur sur un emballage.
C’est cette autonomie qui doit devenir notre objectif.
Le Nutri-Score peut nous aider à choisir.
Mais qui nous apprendra à savoir pourquoi nous choisissons ?
Il convient donc d’apprendre les fondements qui nous permettrons de répondre, en solo, a cette question.
En relisant ce texte, je pense qu’il peut éveiller un mode de réflexion dont nous pourrons bénéficier pour notre alimentation

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